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#1 27-02-2010 22:15:39

 Loree
sorcier confirmé
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L'éveil

http://www.archive-host.com/dewplayer.swf?son=http://sd-2.archive-host.com/membres/playlist/208542901018440791/19_-_Parting_song.mp3&autostart=1&autoreplay=1
petite musique, que vous pouvez ecouter sur une autre page en lisant tout ça. ^_^

_________________________


On dit souvent qu'une rencontre peut changer une vie. Pendant de longues années, je n'y ai pas cru. En fait, je m'en moquais. À vrai dire, je me fichais de la société toute entière. Pourquoi s'inquiéter des autres, de ceux que je ne connaissais pas? Je vivais solitaire, sans me soucier du monde extérieur. Ou plus précisément, sans l'approcher. La principale expérience de vie en société pendant des années était la première, et s'était résumée à ma vie de famille. Ma mère nous avait élevé seule, unique pilier de nos trois petites vies. Je ne réalise qu'avec peine le courage et le dévouement dont elle faisait preuve pour nous, toujours gaie et prête à nous défendre contre d'éventuels importuns. Comme dans la majeure partie des cas dans le coin, son amant était parti lorsqu'il sut qu'il avait une descendance. Bien peu de couples résistent aux ravages du temps, ici. Ceux que j'ai pu croiser, je n'ai pu m'empêcher de les observer. C'est tellement une denrée rare, ici. Au final, je ne pouvais me retenir, et j'allais leur parler, les questionner. Comment parvenaient-ils à rester ensemble, à s'entendre? Comment savoir lorsque c'est la bonne personne, ou avec laquelle on pourrait s'entendre? Et chaque fois, la même réponse: "C'est comme ça, ça ne s'explique pas."... Ce qui est, somme toute, une réponse assez frustrante.

Alors je continue ma route, guère plus éclairée qu'avant. Une part de moi, intriguée, voudrais en savoir davantage, ressentir ce mystérieux attachement. Avoir cette exacte certitude qu'avec  cette personne, on ne se quitterait pas. Mais d'un autre côté, je trouvais dangereux de laisser quelqu'un jeter l'ancre dans mon cœur, de laisser quiconque accoster. Nul n' est à l'abri d' un danger, et j'ai déjà bien assez à faire pour me protéger moi-même sans devoir en plus me préoccuper pour un autre. Donc je m'éloigne. Le temps aidant, le cœur solitaire gagne du terrain pour finalement étouffer tout désir de sociabilité, de rencontre, et de changement.

Parfois, je me perchais sur une haute branche, ombre parmi les ombres, pour observer le monde. Hommes, femmes, animaux divers: mes yeux dévoraient la société, décortiquaient ses rouages pour expliquer enfin cet étrange mystère. Mais non. Finalement, même là, nulle explication. Rebroussant chemin, la tête remplie de tentatives d' analyse plutôt vaseuses, je me replongeais dans mon train-train. Tapie au fond de ma routine, j'osais à peine rêver d' une vie, incapable que j'étais de vivre mon rêve. Fantôme sans ambition, je traversais les saisons sans les voir passer vraiment. Même mes songes étaient mornes et ternes. Avec le recul dont je dispose à présent, je pense que je me rapprochais davantage d'un automate, âme perdue dans les limbes de ma vie.  Chasser, manger, dormir. Chasser, manger, dormir. Au fond, cette éternelle répétition, si elle était ennuyeuse, avait au moins le mérite d'être rassurante. Je connaissais le déroulement de ma vie dans les moindres détails, tout était prévu, maîtrisé. Rien ne menaçait mon rythme de vie, ni ne risquait de me déstabiliser. Je ne me rendais pas compte combien cette tranquillité était précaire. Après tout, si je pouvais gérer ma vie, je ne pouvais être maîtresse du hasard...

Je me rappelle, c'était un matin d'hiver que tout avait commencé. Comme à mon habitude, j'étais sortie dès les premières heures, savourant ce calme. Oh, bien sûr, je n'étais pas la seule éveillée, on trouve toujours des lève-tôt. Mais la plupart étaient affairés et tenaient autant que moi à leur tranquillité respective. Comme je me demandais dans quelle zone j'allais chasser, je me rappelais qu'une bonne partie de mes terrains de chasse favoris étaient devenus impraticables à cause de la neige. Bon, qu'à cela ne tienne, ce pouvait être une occasion d'agrandir mes terres. Me frayant un chemin dans la neige épaisse qui recouvrait tout le paysage, je décidais d'explorer la zone la plus montagneuse. C'était plus dangereux car des avalanches pouvaient avoir lieux, mais c'était justement pour cela que j'était sure de ne pas faire de mauvaise rencontre sur le chemin. Bien peu étaient les suicidaires qui tenteraient de chasser là-bas dans ces conditions, donc le gibier se sentirait plus tranquille. Bref, le risque en valait la peine si je pouvais faire bonne chasse.

Tout d' abord, je me  préoccupais peu de dissimuler ma présence à une éventuelle proie. Le plus urgent était plutôt de mémoriser des repères, de "cartographiser le relief" comme disait ma mère. Même si cette expression est on ne peut plus fausse grammaticalement parlant, je trouve qu'il n' y en a pas de plus juste lorsqu'il s'agit d'exprimer ce que je faisais. Les arbres étaient changeant, les branches pouvaient casser, les troncs se faire tailler... Il fallait donc faire fi de tout cela et ne se concentrer que sur les rochers, les maigres odeurs que la neige ne parvenait pas à retenir captives, les vues des montages que j'en avais. Tout mon être était tourné vers les paysages splendides qui s'offraient à moi. Paisible nature recouverte d' un linceul blanc, la neige me faisait l'effet d' un drap protecteur qui, une fois évanouie comme par magie, permettrait aux montagne de renaître plus belle encore. Viendrait alors les jours étourdissant de couleurs, aux odeurs fraîches et espiègles, avec cette énergie renouvelée trop contagieuse pour que même moi je l'ignore. Mais pour l'instant, la chrysalide tenait encore bien, l'éveil ne serait pas avant un mois. Noyée par toute cette blancheur immaculée, je regrettais presque de briser le fragile nappage par mes grossières empreintes. J'en oubliait totalement la chasse, les repères et tout le reste. Je savourais ces instants fragiles où je ne faisait qu'un avec la nature qui m' environnait et ses habitants, la tête dans les nuages qui ne semblaient être qu'un pâle reflet du sol que je foulais. C'est d'ailleurs très probablement à cause de cela que je ne vis pas l' obstacle qui entravait ma route et m' écroulais par terre en entraînant avec moi le fautif.


(hrp: la suite à venir)

Dernière modification par Loree (27-02-2010 22:44:28)


Pattes de velours et griffes d'acier, j'avance, toujours, j'avance.

Merci à Jassy pour ce kit mraw ! *w*
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#2 27-02-2010 23:59:32

 zerow
Maitre mage
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Re: L'éveil

OO Miaou OMG quel texte, je suis au ange, c'est plaisant à lire , on est pris dans le vif du sujet bravo vivement la suite *0*.


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The guard of wild mother...

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#3 28-02-2010 00:00:29

 Loree
sorcier confirmé
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Re: L'éveil

mdr de toute façon, t' es jamais objectif, toi!
mais merci, ça fais plaisir bisous


Pattes de velours et griffes d'acier, j'avance, toujours, j'avance.

Merci à Jassy pour ce kit mraw ! *w*
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#4 09-06-2010 23:59:58

 Loree
sorcier confirmé
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Re: L'éveil

Encore abasourdie par ma chute, je secouai la tête avec énergie pour faire disparaitre les dernières traces de neige sur mon museau. J'ai horreur d'avoir quelque chose sur le visage, c'est comme si chaque élément étranger devenait une gêne qui alourdissait la moindre parcelle de mon corps jusqu'à le bloquer totalement. Oui, je sais, c'est exagéré, mais l'esprit est là : n'avez-vous jamais remarqué que si on est perturbé par quelque chose, alors très vite cela peut prendre des proportions démesurées? Pour moi, il n'était pas question de laisser ne fut-ce qu'une miette cotonneuse de ce pâle nuage terrestre sur ma fourrure. Une fois certaine que je n'avais plus rien, je regardai autour de moi pour identifier le responsable de ma chute. Je ne trouvai rien dans l'immédiat, mais une trace dans la neige m'indiqua la direction qu'avait pris le fuyard.

Quoi, c'était pas une racine ou un rocher? Cela m'étonnait, tout de même. Si cela avait été un animal, mon odorat l'aurait senti avant que ne ne trébuche dessus, sans parler du fait que si l'intéressé était suffisamment dans la lune pour laisser n'importe quel prédateur lui marcher dessus, alors il n'allait pas faire de vieux os ici. Oui, je savais que ça ne pouvait pas être un animal dangereux : rien que la taille de l'empreinte qu'il avait fait en partant indiquait qu'il n'était pas plus gros qu'un petit lièvre... Mais quelle étrange trace! Elle n'appartenait à celle d'aucun animal de ma connaissance, et pourtant j'en avait croisé pas mal! Intriguée, je suivis à patte de velours cette étrange chose à la trace.

Arrivée au dessus d'un petit ravin, je cherchai en vain l'animal inconnu, mais ne trouvait absolument rien... J'allais rebrousser chemin lorsqu'un étrange caillou attira mon attention. Il était d'un ovale parfait et sa surface au grain un peu grossier sans être rugueux pour autant affichait un étrange mélange de bleu et de violine qui se dégradaient entre eux, se mélangeaient, se nervuraient intimement l'un l'autre. Qu'est ce ça pouvait bien être?? D'un bond de chat, j'eus tôt fait de rejoindre avec souplesse cette étrange pierre qui n'avait pas l'air d'en être une. Du bout du museau, je reniflai cette chose qui étrangement dégageait de la chaleur. Haaan? L'idée que ce truc était un œuf m'avait bien effleuré l'esprit, mais je n'avais jamais vu un œuf de cette taille ni avec de telles couleurs. Interloquée mais définitivement intéressée par cette chose, j'entrepris de la pousser de la tête pour la faire rouler jusqu'à ma tanière. Je ne savais pas ce que c'était, mais je ne comptait pas le laisser là. Pour une fois, je ne reculai pas devant l'inattendu : cette pierre bizarre m'attirait et quelque chose en moi me poussait à la garder avec moi précieusement.

Une fois chez moi, dans ma tanière camouflée par les arbres et les fourrés, je fit rouler délicatement l'objet jusqu'au fond de mon antre et l'adossai au mur. Je restai là, à l'observer un moment, puis mes crampes d'estomac me ramenèrent à la réalité, et je repartis pour la chasse. Le soleil était haut dans le ciel lorsque je ressortis. Cette découverte me troublait, et j'avais hâte de finir mes corvées pour retourner près d'elle. Inexorablement, je me sentais attirée par cette petite chose aux couleurs irréelles. J'avais presque l'impression qu'elle était vivante à cause de la chaleur qu'elle dégageait. J'avais même cru sentir des pulsions provenant de l'intérieur, mais ça devait être un rêve...

D'une foulée légère, je courrais entre les vestiges d'arbres endeuillés, éclair ocre dans un monde atone et sans couleurs, réduit à sa plus simple essence. J'aimais chasser et ces moments où je pouvais courir dans la forêt sans me soucier de rien. Mais cette fois-ci, je ne parvins pas à me libérer totalement l'esprit de ma trouvaille. Impatiente de retourner à ses côtés pour l'examiner encore, je me hâtais d'en finir avec cette tâche. J'étais nerveuse et ne parvenais pas à me concentrer sur ce que je faisais, si bien que plusieurs proies m'échappèrent de la manière la plus sotte qui soit. Maudissant mon incapacité à me concentrer, je fini par attraper enfin deux lièvres un peu trop insouciants et rentrai le plus vite possible à ma tanière.

Il était bien là, à sa place, et n'avait pas bougé d'un pouce durant les quelques heures où je l'avais abandonné. Suis-je bête : c'est un caillou. Pourquoi aurait-il bougé? Décidément, ce machin-là me montait à la tête! Après m'être nourrie, je m approchais encore un peu plus. C'était moi, où il dégageait encore plus de chaleur qu'avant? C'était si agréable... Sans réfléchir, je me lovai autour de Lui (je ne savais pas vraiment comment nommer cette chose ) et m'endormis ainsi, laissant cette délicieuse chaleur qu'il me prodiguait me réchauffer peu à peu.

Dernière modification par Loree (10-06-2010 08:59:07)


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#5 20-07-2011 23:11:48

Meiroh
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Re: L'éveil

Aura-t-on droit à une suite ? :3


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#6 21-07-2011 10:36:24

 Loree
sorcier confirmé
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Re: L'éveil

J'aimerais bien, oui. ^_^

Mais pas tout de suite, je vais peu en avoir la possibilité pour au moins les deux mois à venir suite à des trucs irl hmm


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