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Ellesmera[ Ce RP ne nécessite pas vraiment 2 joueurs. Cependant, je trouve ce principe bien plus sympa, donc si quelqu'un souhaite le continuer avec moi, j'en serais ravie !
Me contacter par MP pour avoir des détails et informations supplémentaires, importants pour la suite
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Un bruissement de feuilles. Un simple bruissement de feuilles suffit à le faire fuir. Son trophée. Son repas. Laarys retint un juron, tout en regardant le magnifique cerf qu'elle traquait depuis plusieurs jours, détaler à grands bonds. Malgré la nouvelle lune, elle n'avait pas de mal à repérer les mouvements de sa proie. C'était sans aucun doute le plus grand avantage de sa condition. Même sous sa forme d'origine, elle possédait une vue hors norme - et une nyctalopie fort pratique.
Elle se remit en route. La forêt était son lieu de vie, son chez-elle. Durant des mois, elle avait apprit à s'y déplacer le plus silencieusement possible ; et elle y arrivait sans trop de mal. Elle continua de poursuivre le cerf, bien décidé à l'attraper ; et à le tuer.
Dans sa main gauche, pendait son arc. Souple et léger, il ne lui aurait pas permis d'abattre une créature au cuir trop épais. Mais les flancs des cervidés étaient suffisamment tendres pour qu'une flèche mortelle s'y fiche. A cette pensée, la demoiselle aux cheveux ébène se mit à saliver. Si quelqu'un l'avait vue à ce moment, il aurait, sans aucun mal, deviné sa véritable nature. A vrai dire, elle n'avait pas grand chose d'humain. De ses cheveux ébouriffés, à sa posture animale, en passant par son regard meurtrier... Même sous forme humaine, quand elle se trouvait en pleine nature, elle ressemblait à un loup.
Après plusieurs heures de traque lente et silencieuse, elle aperçut de nouveau le cerf. Elle s'émerveilla devant la perfection de sa ramure. Il n'était pas bien vieux, et n'avait subit que peu de combats ; il ne possédait que quelques rares cicatrices, et ses bois n'avaient subi aucun dégât.
Laarys se redressa. Elle passa une main dans son dos, et saisit délicatement une flèche. Elle l'encocha sur la corde de son arc, et le banda de toutes ses forces. Elle visa un long moment. Une flèche dans la tête le tuerait sur le coup. Mais il serait invendable. Et dans la gorge ? Même problème. Aucun taxidermiste ne voudrait d'une bête abîmée. Il lui restait le flanc. De là où elle était, il lui était impossible de viser le cœur. Elle ferma les yeux et retint son souffle. De toutes manières, elle n'aurait peut-être pas d'autres chances. Bandant son arc au maximum, elle ouvrit un œil, et lâcha sa flèche... Qui fila se planter entre deux côtes de l'animal, lui perforant sans aucun doute un poumon.
Sous l'impact, le cerf commença par chercher à s'enfuir. Mais rapidement, la douleur l'envahit, et il s'écroula... En enfonçant un peu plus la flèche. Son cri de panique et de douleur fit fuir les volatiles et rongeurs encore éveillés à cette heure tardive de la nuit.
Laarys s'approcha du cerf. Son but n'étant pas de le torturer, elle s'agenouilla près de lui, et serra son cou aussi fort que possible. Le maral mourut étouffé bien plus rapidement que si elle avait attendu que sa flèche ne le tue.
Une fois qu'elle fût certaine de sa mort, elle lui trancha la tête, récupéra sa peau et le maximum de viande. Ce qui resterait sur la carcasse serait un cadeau pour les charognards.
Elle fourra tout ce qu'elle put dans son sac de toile, déjà imbibé du sang de ses précédentes chasses, et retourna vers le village le plus proche. Elle l'avait repéré trois journées auparavant, alors qu'elle traquait encore l'animal.
Il ne lui fallut qu'une demi-journée de marche pour y arriver. De toutes manières, elle n'aurait pas prit le risque que sa viande pourrisse, pendant qu'elle se serait reposée.
Le village, Salrieu, n'était pas des plus accueillants. Avant d'y entrer, Laarys s'assura de reprendre une démarche plus...Humaine.
Elle se renseigna, et revendit, non sans mal, le fruit de sa chasse. Et par chance (ou plutôt parce qu'elle avait discrètement menacé deux ou trois personnes), elle en obtint de quoi dormir à la taverne quelques nuits.
C'est « Chez Ezis » qu'elle trouva refuge. L'unique auberge du village, et le seul endroit, à des lieues à la ronde, où l'on pouvait trouver des alcools corrects. On lui avait signalé que nombre de voyageurs s'y rendaient. Laarys avait tiqué ; le village était si paumé qu'elle-même avait failli ne pas le remarquer. Mais elle supposa qu'un sentier devait y mener, ou autre chose dans le genre.
Quand elle entra dans la taverne, elle remarqua qu'une dizaine de personnes était déjà là. Parmi lesquels, nombre d'alcooliques. Une légère grimace - un sourire, en fait - déforma ses traits. Elle dénotait avec l'ambiance du lieu, et elle le savait. Elle portait une tenue légère, appropriée pour la chasse... Pleine de trous, à force de foncer dans les ronces. Sa cape verte ressemblait à une loque. Et puis... Ses cheveux en bataille, son arc et ses flèches taillés main, et bien sûr, la cicatrice blanche qui lui barrait la joue et déformait légèrement ses lèvres. Et puis, elle dégageait quelque chose de sauvage, animal... Presque bestial, bien qu'elle sache se tenir en public.
Elle prit un malin plaisir à ignorer les badauds, et ne remarqua donc pas si l'un d'eux sortait du lot. A voix basse, elle commanda une pinte d'hydromel, puis fila s'asseoir à une table, un peu cachée. A présent, elle observait chacun des clients, et s'amusait particulièrement à regarder l'un d'eux ; un alcoolique tombé amoureux de sa chaise.

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