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Anamaya
Prologue
Emma
Court. court.
Toujours plus vite. Chaque pas plus vite.
Encore et encore.
C'est pour cela que tu est né, pour cela que tu as vécu. Pour courir aujourd'hui comme si ta vie en dépendait. Puisque en fait toute ton existence en dépend.
Tu cours petit homme, le long du sentier en terre battue.
Les branches perdues des arbres fouettent ton visage pale, griffent tes avant bras nus.
Le vent siffle a tes oreilles, heurte ton estomac et te coupe le souffle.
Mais tu cours, encore et toujours.
Tes pupilles glacées frémissent dans l'océan pale de ton regard pendant que tu cherches dans l'ombre nocturne ton chemin, pendant que tu me cherches.
Je suis la, petit homme, je cours a tes cotés.
Les arbres m'évitent tandis que toi ils te blessent. Mes pieds nus volent, les tiens se brisent.
Pourtant tu continues a courir.
Malgrès l'évidence de ton échec, l'évidence que tu cours a ta perte.
Je vois tes cheveux couleur de chocolat clair s'emmêler sous le souffle du vent.
Je vois les muscles de tes bras se tendre a chacun de leur mouvement.
Je vois ton regard paniqué, je sens la peur de ne pas arriver a temps.
Mais je suis la.
Tu ne peux, tu ne sais plus me voir.
Peu tu comprendre ce qui nous sépare a jamais?
J'entends ta voix grave et forte crier, hurler mon nom.
Le nom que je portais lorsque j'étais a toi.
Ce nom que tu susurrais a mes oreilles alors que nos corps enlacés s'offraient a la lune.
Ce nom que tu soupirais lorsque tes lèvres caressaient les miennes.
Tu arrives dans la clairière.
Celle ou nous nous sommes vus pour la dernière fois.
Tu t'arrettes, essouflé, t'appuyant sur tes cuisses, et te penchant lentement, cherchant l'air.
Je me souviens de ce vieux jeans déchiré que tu arborait fièrement. Je me souviens de cette chemise blanche a manches courtes qui dissimulait ton coté bandit. Oh si je pouvais oublier cette fameuse dent de requin se balançant a cette chaine qui entoure délicatement ton cou…
Ton coeur bat vite, tu tombes a genoux dans l'herbe.
A quoi penses tu?
A notre rencontre? Encore?
Nick…oublie…oublie par pitié…
Je n'ose me montrer car je sais que dans ton regard je trouverais l'excuse pour rester a tes cotés. Mais nous ne pouvons plus…
Ne sanglotes pas.
Je voudrais te prendre dans mes bras. Te bercer contre ma poitrine, comme un enfant. Nicolas…Nicolas…
Le son si tranchant, si pur de tes sanglots, te mon vieux nom étouffé par les larmes…tout cela me brise, brise le nouvel être qui doit te fuir car le monde est fait comme cela.
Avec la sérénité troublée propre a mon espèce, je ferme les yeux pour me plonger dans le passé.
Toi aussi, tu vas fermer les yeux. Et comme deux amants qui se disent adieux pour toujours, nous allons plonger dans nos souvenirs.Une dernière fois.
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Anamaya
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